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C'est une histoire somme toute banale que celle de Thérésien ABELARD, il n'est qu'un des milliers de chefs d'entreprise dans toute la France aux prises avec le RSI. Il est lentement ruiné sans moyens de réagir.

Au début tout allait bien avec sa petite entreprise de carrelage. Mais au bout de 2 ans, il regrette son bon chiffre d'affaires des débuts, il ne travaille désormais que pour payer ses cotisations. Et plus il travaille et plus ses cotisations augmentent. ABELARD est pris dans le cercle vicieux connu de tous du RSI. Mais ça c'était avant.

Ce cas risque de faire jurisprudence en France et inspirer beaucoup d'autres entrepreneurs au bord du suicide à cause de ce système frauduleux. C'est en n'arrivant plus à faire face à ses dettes après l'ennième visite de l'huissier que l'homme va avoir une idée lumineuse. Certes cela a exigé quelques sacrifices mais le résultat est à la hauteur.

Thérésien a commencé à se couper de manière artificielle de ses amis et de son entourage. Il a vendu tout ce qu'il possède, il a divorcé de sa femme avec enfants. Tout cela faisait évidemment partie de son plan initial. Il a ensuite fait l'acquisition d'une vieille voiture. Le plus difficile a été de dérober le cadavre d'un SDF non réclamé par la famille à la morgue d'un hôpital de l'île. Il fallait que celui-ci lui ressemble un peu en gabarit et en teint de peau.

La suite est d'une efficacité redoutable. Thérésien ABELARD met en scène sa propre mort dans une sortie de route accidentelle sur la route du Guillaume Saint-Paul. Il échoue la voiture dans un fossé, y place le cadavre avant de mettre le feu à l'ensemble. Pour tromper les autorités il s'est sectionné le majeur de la main droite qu'il laisse à proximité de l'accident pour faire croire à une projection de membres lors de l'explosion.

C'est le médecin légiste qui n'avait pas remarqué les coups de poignard sur la victime d'un meurtre en 2011 (affaire Carl Davies) qui va expertiser la dépouille. Se basant sur le doigt retrouvé, il déclare Thérésien ABELARD mort. Et aussitôt ses dettes au RSI sont annulées.

C'est la première fois en France qu'un entrepreneur trouve une manière d'échapper au RSI, d'autres avaient essayé de fermer leur société ou de simplement signaler qu'ils ne devaient pas ces sommes astronomiques et qu'il y avait forcément une erreur, tout cela sans succès. D'autres entrepreneurs au bord de la fin pourraient se glisser dans la brèche.

L.O

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