eclipse dodo
Tous les éléments étaient pourtant réunis pour que cet évènement exceptionnel qu'est l'éclipse annulaire soit inoubliable et unique. Mais un drame est venu entaché la fête attendue par tout le monde.

Ce jour, le monde avait les yeux rivés sur la Réunion et non sur Maurice qui n'a même pas eu une seconde d'éclipse. Récit.

Patrick SONGOLO se réveille comme souvent dans le caniveau pas loin de sa boutique préférée, d'où il cuve sa ration de la veille. Il est 12h37 et l'éclipse a commencé, c'est l'effervescence devant la boutique "Chez Gilbert" de l'Etang-Salé les hauts, les amis de beuverie sortent chacun des lunettes "spécial éclipse". Patrick est bien embêté, il n'a pas les siennes. L'homme de 47 ans ne s'en laisse pas conter et improvise.

Le fan absolu du show TV des années 90 "Macgyver" se demande ce que ferait le héros du même nom à sa place. En fredonnant le générique de la série, il sort de sa poche un rouleau de Chatterton (scotch) et assemble 2 bouteilles de bière dodo vides pour se créer des jumelles "éclipse" sécurisées issues du recyclage.

Ses amis essayent de le dissuader et pensent que ce n'est pas une bonne idée. Ce à quoi l'homme rétorque "j'ai fait 5 fois plus d'études que vous, je sais ce que je fais, en plus ces bouteilles sont aux normes européennes, si ça peut protéger une denrée de valeur comme la bière, ça peut tout protéger". En effet Songolo est allé jusqu'en 6ème alors que ses camarades ont arrêté leur scolarité en CP, il a l'habitude d'être l'érudit du groupe et compte bien le rester.

Le bricoleur entame son observation du ciel. L'effet "loupe" est immédiat, les rayons du soleil sont concentrés au centre de la pupille. Un cri atroce alerte les gens présents. Les globes oculaires du malheureux sont en feu, Gilbert le patron du bar intervient vite et tente d'éteindre son meilleur client avec le premier verre qu'il trouve, c'est du Rhum Charette, Patrick s'enflamme de plus belle.

Il faut vite venir en aide à Patrick, tous les clients présents décident de s'unir au patron pour piétiner le visage en feu du pauvre homme afin d'étouffer les flammes. C'est une réussite, l'incendie est maîtrisé.

Les secours sont prévenus. L'adjudant GONTIER , premier pompier sur les lieux déclarera "C'est marrant, on aurait dit que quelqu'un faisait frire des guêpes, c'est la même odeur, mais non c'était l'odeur de friture des yeux du pauvre bougre".

A peine réveillée à l'hôpital après son opération d'urgence, la victime a déclaré avoir l'intention de pousser en procès "Les brasseries de bourbon" car il pense que les bouteilles ne sont pas aux normes européennes malgré les indications sur l'emballage.

L.O

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