urgences genoux
C’est un dimanche après-midi ordinaire au CHU de Saint-Pierre avec une affluence normale. Un couple se rend alors aux Urgences car la femme s’est fait une entorse au doigt une semaine avant.

C'est une semaine plus tôt alors qu'elle changeait de chaîne trop rapidement sur la télécommande que Paulette GIGANT s'était foulé le doigt. Bien que la douleur ne soit plus très vive, elle et son mari décident tout de même d'un examen complémentaire aux urgences car c'est dimanche.

Le ton monte rapidement quand le duo arrive aux urgences. La femme pourtant arrivée en première ne comprend pas alors que son index picote, qu’on fasse passer avant elle une personne qui souffre d’un simple engourdissement au bras gauche et d’une banale douleur à la poitrine.

Elle ne comprend toujours pas non qu’un enfant ayant bêtement chuté d’un toboggan et qui n’a perdu connaissance que 2 minutes avant de se réveiller pour vomir soit examiné avant elle. Qui accepterait cela ? Étant mate de peau, elle crie légitimement au racisme, c’est surement à cause de ses origines qu’on n’examine pas son doigt qui lance alors que d'autres arrivés après sont pris aussitôt.

Paulette n’est pas au bout de ses surprises quand on ose faire passer une fois de plus avant elle un homme ayant l'artère fémorale perforée par un harpon, lors d'un accident de chasse sous-marine. L’heure passe, ça fait maintenant 5 heures qu’elle attend d’être examinée. Les esprits s’échauffent, la femme va manquer les rediffusions de “Santa Diabla”.

Son mari vient chercher des comptes à son tour au secrétariat et montre son mécontentement car l’attente est interminable. Quand une infirmière souriante annonce à l’homme que la carte vitale de son épouse n’est pas à jour, c’est l’explosion. Avant même qu’elle n'ait pu annoncer à l’homme que ça ne poserait pas de souci pour la prise en charge immédiate de son épouse, celui-ci lance une chaise à travers la vitre du sas de sécurité.

Il profère des menaces et insulte le personnel médical, l’homme déballe sa haine :

Le mari : “Bande féniants racistes, ici c’est un service comme un autre, nous doit passe dans l’ordre d’arrivée comme supermarché. En plus vous zot lé payés avec mon zimpôts ! Enfin si moin té paye zimpots !”.

La jeune infirmière venue à sa rencontre pour tenter de le raisonner est accueillie avec un coup de genou sauté au visage alors qu'elle s'était préparé à bloquer plutôt un "low kick". Elle perd connaissance tandis que huit de ses dents se retrouvent incrustées dans le genou de son bourreau. Faisant se tordre celui-ci de douleur.

La victime et son bourreau sont pris en charge par les mêmes collègues de l'infirmière agressée. L'homme prend alors conscience qu'il se trompait sur toute la ligne, que derrière ces médecins et infirmières qu'il méprisait se cachaient des hommes et femmes comme lui qui tentent de faire leur métier du mieux qu'ils peuvent. Qu'ils ne passent pas leur temps à se balader dans les couloirs pour tuer le temps où à forniquer dès qu'une chambre se libère, et que s'ils ne sourient pas toujours c'est peut-être qu'ils voient trop d'horreur chaque jour ou qu'au contraire ils sont en sous effectif.

L'individu sera jugé cette semaine en comparution immédiate avec reconnaissance préalable de culpabilité.

L.O

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