maloya
Les avis divergent, certains parlent de musique, d'autres au contraire de tapage ou de boucan. Une chose est sûre une fois par an, qu'on aime ou pas, le 20 décembre on goûte du Maloya à toutes les sauces.

Tous les ans à cette date, la majorité des Réunionnais de toutes origines se sent "esclave libéré" quand bien même ils se nommeraient MUSSARD, seraient "plus blancs que blancs" et descendraient directement d'esclavagistes et négriers renommés. Qu'importe l'heure est à la fête.

Mais pourquoi le Maloya n'existe que ce jour et pas les autres ?

Il faut remonter aux origines de cette musique tribale primitive pour avoir un élément de réponse. Le Maloya a été créé par le musicien Gilbert POUNIA en 2004. C'est en revenant de vacances d'Afrique que celui-ci ramène dans ses valises 3 instruments qu'il achète dans un bazar. Ces instruments traditionnels mozambicains seront par la suite renommés Kayamb, Roulèr et Bob pour faire croire au monde entier que la Réunion possède une histoire.

POUNIA essaye ses instruments en créant un nouveau groupe musical "Ziskakan". Le voisinage n'est pas très réceptif et cette musique est vite interdite par les autorités pour cause de nuisance sonore. C'est après un mois de tests et de découverte que Gilbert POUNIA baptisera sa création quand le facteur qui lui apporta son courrier lui suggérant en créole de s'enlever de l'oeil une motte de chassie d'une bonne taille "tire malole là té". POUNIA justement en recherche d'un nom trouva que Malole La ferait bien l'affaire, suite à une erreur de retranscription, Malole La deviendra Maloya. Ca veut rien dire mais c'est joli déclarera bien après POUNIA.

Ce n'est que plus tard que le chanteur TIFOCK rendra le Maloya écoutable en y ajoutant des consonances électriques et modernes, le préfet reviendra alors sur sa décision et légalisera cette musique qui n'était désormais plus assimilable uniquement à du bruit. En 2009, "pour rigoler" (selon ses dires), POUNIA remplit au culot un formulaire en ligne sur le site de l'UNESCO et le Maloya est alors propulsé au rang de patrimoine immatériel de l'humanité. Le musicien est dépassé par sa plaisanterie.

L'IRT (Île de la Réunion Tourisme) y voit une occasion unique d'attirer des touristes et engage alors le "Créologue" Axel GAUVIN pour inventer une histoire identitaire à l'île de la Réunion. C'est ainsi que née cette histoire de musique ancestrale inventée de toutes pièces sur fond d'esclavagisme, GAUVIN s'inspire des us et coutumes d'autres nations qui ont une vraie identité. La tenue traditionnelle de danse Mauricienne devient la tenue Réunionnaise, la Capoeira brésilienne devient le Moringue, le samosa Indien devient le samoussa Réunionnais etc..., en gros tout est recyclé ici et là pour que les non initiés pensent à une vraie richesse culturelle Réunionnaise.

C'est donc pour cela que le Maloya n'est écouté qu'une fois l'an le 20 décembre (date choisie au hasard du calendrier), il ne s'agit ni plus ni moins que d'une vaste campagne à but promotionnel touristique relayé dans la presse nationale et internationale. Les touristes sont conviés à visiter une île riche en (fausse) histoire. Les nouvelles générations n'ont pas vent de la réalité sur la Réunion et de son Maloya et fêtent joyeusement dans l'ignorance totale chaque année la rupture de leur chaîne. GAUVIN a réussi l'exploit que dans les esprits, mythes et réalités se mélangent, son plus beau tour de force reste l'invention du personnage de Madame Desbassayns.

J.A/L.O

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